CONTRIBUTION A L'ENQUETE PUBLIQUE PARCS EOLIENS BRETAGNE SUD


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Article N°29426

CONTRIBUTION A L'ENQUETE PUBLIQUE PARCS EOLIENS BRETAGNE SUD

CONTRIBUTION DE L'UNION FRANCAISE DES PECHEURS ARTISANS

ET DE

L'ALLIANCE EUROPEENNE DES PECHEURS ARTISANS

 

A L'ENQUETE PUBLIQUE SUR

LE RACCORDEMENT DES PARCS EOLIENS EN BRETAGNE SUD


    Dans sa très large majorité, les Pêcheurs Artisans (professionnels - pêcheurs à pied et pêcheurs armant des navires de pêche côtière de moins de 25 m;), s'opposent sans ambiguïté à la réalisation de parcs éoliens offshores, ancrés ou flottants, et à leur raccordement au réseau électrique à terre en Bretagne sud (A05 et AO9), pour les raisons suivantes :

POLITIQUE DE LA TRIPLE PEINE POUR LES PÊCHEURS ARTISANS

1 – Eviction des zones ancestrales de pêche :

En cette période troublée par les conflits internationaux, la Souveraineté Alimentaire de notre Pays s'avère plus essentielle que jamais, et il appartient aux Services de l'Etat de préserver l'activité productive de la pêche artisanale qui fait vivre nos régions côtières et participe activement à l'alimentation de la population à l'échelle nationale.

Le Domaine Public Maritime (DPM) de la zone concernée par l'implantation des parcs éoliens offshores de l'AO5 et de l'AO9, constitue un écosystème fragile, exploité depuis toujours par les pêcheurs artisans professionnels de manière respectueuse vis à vis de l'environnement et de la biodiversité qui ne saurait être dévolue exclusivement à la production d'une énergie électrique intermittente économiquement injustifiée.

Considérant qu'il est totalement illusoire de pouvoir envisager une cohabitation harmonieuse et sécurisante des zones concernées entre la pêche artisanale et l'implantation d'éoliennes offshores, il en résulterait que les aires de pêche, parmi les plus productives de France, soient irrémédiablement interdites à toute activité de pêche (arts traînants et dormants).

La première peine serait donc, pour les pêcheurs artisans côtiers, de devoir exercer leurs activités plus loin de leur port d'attache, plus au large où la productivité est moindre, en prenant plus de risques et, par voie de conséquence, en consommant plus de carburant fossile (gas-oil) pour tenter de subsister.... ce qui serait un comble dans un contexte de transition énergétique.

A ceux qui pourraient affirmer que ces deux activités anthropiques sont conciliables, nous sommes disposés à concevoir avec eux des techniques de pêche permettant l'évitement de ces infrastructures offshores – et tout particulièrement des éoliennes offshores dont le rayon d'évitage est près de 10 fois supérieur que pour les éoliennes fixes - et de négocier avec nos compagnies d'assurance qui refusent d'assumer les risques accidentogènes induits !

2 – Perturbations de l'écosystème :

Affirmer que l'implantation d'éoliennes offshores, fixes ou flottantes, ainsi que leur raccordement au réseau, n'aurait aucune incidence sur les écosystèmes marins est un déni des observations scientifiques en sus d'être en contradiction avec les réglementations européennes sensées prévaloir sur le droit français.

2.1- Atteinte aux Directives Européennes

Il est patent de reconnaître que les Préfectures, en charge de la validation des projets éoliens offshores, s'affranchissent des Directives Européennes – tout particulièrement de la « Directive Habitats » et de la « Directive Oiseaux » - imposées aux Etats membres afin de préserver les espèces marines dont les populations sont en situation critique de disparition.

L'intérêt supérieur de la Nation, utilisé ici de sorte à favoriser la Transition Energétique, s'oppose donc frontalement à la politique de Transition Ecologique prônée par ailleurs.

Il serait illusoire de considérer que des mesures financières compensatoires, accordées par les promoteurs des parcs éoliens à des projets périphériques de manière souvent obscures, puissent compenser les dommages causés à l'environnement sur les sites d'implantation des parcs éoliens.

2.1- Phase d'implantation :

Les forages pour la fixation des supports (éoliennes fixes et stations de raccordement) ou le ragage des chaînes d'ancrage (éoliennes flottantes), tout autant que les tranchés ou enrochements pour le passage des câbles sous marins, ont des conséquences, souvent irréversibles, sur la faune et la flore marine benthiques, perturbant l'ensemble de l'écosystème, selon les dires mêmes de l'IFREMER.

Nuisances sonores, panaches de sédiments, destructions de substrats indispensables à la survie d'espèces benthiques, dont les effets sont durables et le plus souvent irréversibles ne sont aujourd'hui plus contestés par les plus hautes autorités scientifiques internationales.

2.2- Phase d'exploitation :

Les bruits et ondes vibratoires des éoliennes, le ragage incessant des chaînes d'ancrages, l'utilisation d'anodes sacrificielles et de peintures anti-fouling, la perte mécanique de lubrifiants, la collision des pales avec l'avifaune et les obstacles aux migrations, entre autres, sont autant de sources de pollution de l'environnement que l'on ne peut ignorer et dont les impacts sont désormais avérés.

Certains rétorqueront que ces ouvrages offshores sont susceptibles de constituer un « effet refuge » favorable au maintien de la biodiversité. Ceci est une aberration totale, surtout dans le cas d'éoliennes flottantes, qui favoriseront, au large, la colonisation d'espèces se développant normalement à une bathymétrie côtière ainsi que l'implantation d'espèces invasives exogènes, susceptibles d'impacter l'ensemble de la chaîne trophique.

2.3- Phase de démantèlement :

Ayant pour obligation contractuelle de restaurer l'environnement en son état d'origine au terme de la période d'exploitation, ce sujet est totalement différé et négligé par les exploitants des parcs éoliens et par l'Administration compétente, faute de technologies appropriées à ce jour.

Comment en effet imaginer d'enlever des milliers de tonnes de béton et d'enrochements disposés sur les fonds marins, sans de nouveau générer de graves perturbations sur les écosystèmes ?

Ces impacts négatifs sur le maintien de la biodiversité constituent la seconde peine pour les pêcheurs artisans à qui il est demandé, par ailleurs, de pratiquer, sous contrainte, une pêche responsable.

3 – Impacts économiques :

Ainsi que cela est le cas pour l'ensemble des consommateurs d'énergie électrique, les coûts de production contractuels de ces « moulins à vent », de 50 à 200 % plus onéreux que d'autres sources de production décarbonées, ainsi que le coût de leur raccordement aux réseaux, auront une incidence non négligeable sur les charges d'exploitation des entreprises de traitement et de valorisation des produits de la mer, fortes consommatrices d'électricité, et par conséquence induite sur l'équilibre économique de l'ensemble de la filière pêche.

Une troisième peine que les pêcheurs artisans partageront avec l'ensemble des consommateurs d'énergie électrique.

SUR LA PERVERSITE DE LA CONSULTATION DEMOCRATIQUE

Bien en amont de la démarche de la présente enquête publique, dont on sait que malheureusement les avis ne seront que consultatifs - sachant que, in fine, l'Etat, représenté par les autorités Préfectorales, imposera la réalisation de ces parcs éoliens offshores – il convient d'affirmer que les consultations préliminaires favorables de certaines instances, argumentant du bien fondé de ces projets, sont parcellaires et totalement dénuées d'approbations collégiales unanimes.

Il en est ainsi de la position favorable de certaines collectivités territoriales (Conseil Régional de Bretagne), et du Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), lesquels, motivés par l'appât du gain généré par la perception de la Taxe éolienne (20.240 € par Mw implanté), ferment les yeux sur l'ensemble des nuisances environnementales et sur les conséquences sociétales induites à court et moyen terme, quitte à s'opposer frontalement aux avis de leurs mandants.

Il est ainsi intéressant de constater que plus l'on s'éloigne du terrain et plus l'on se rapproche du pouvoir central, plus les impacts induits par ces projets éoliens offshores sont ignorés au profit d'intérêts financiers in fine payés par les contradicteurs subissant au quotidien l'ineptie de cette politique énergétique.

COMPLEMENTARITE D'ACTIONS

En sus de tout ce qui précède, l'Union Française des Pêcheurs Artisans, dont les membres sont attachés à la préservation de l'environnement maritime et du patrimoine historique de la Région Bretagne, se joint aux observations et revendications portées par les associations « Préserver l'Identité Environnementale de Bretagne Sud et des Iles contre l'Eolien en Mer » – PIEBIEM – , « Gardiens du Large », « Le Génie du Lieu », « Union Belliloise », « Sites et Monuments », « Horizons Groisillons », « Fédération de protection de la baie de Quiberon », au Conseil Départemental du Morbihan, aux élus du Pays d'Auray et aux Municipalités de Belle Ile en Mer, de Locmaria, Bangor, Sauzon, et autres, qui militent contre ces projets AO5 et AO9.


Union Française des Pêcheurs Artisans

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